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 Lucien Refleu 
 (c. 1972) In fond memory of

Lucien Refleu
(1920-2005)

Hommage à un professeur exceptionnel.

Français   |   English

© 2005-2008.  Gérard P. Michon, Ph.D.

 
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Abstract  (of the French text below
See also an  article dedicated to Refleu,
on solving n-th order linear ODE.

Lucien Refleu  was born on  March 8, 1920, in Orbec (Calvados, France).
He died on January 7, 2005, in Caen (Calvados, France)

In 1940, Lucien Refleu was ranked first in the prestigious entrance exam of the  Ecole Normale Supérieure  (Saint-Cloud).  The war disturbed his education, which came to a brilliant conclusion in 1947, when he ranked second in the agrégation national exam.

Refleu started his career by teaching high-school mathematics to seniors in Le Havre (Normandy) in 1947-1948.  The following year, he was entrusted with the mathematical education of the students of Caen (Normandy) competing for the entrance exams of the most renowned French scientific  Grandes Ecoles, including Polytechnique  and the  Ecole Normale Supérieure.

Lucien Refleu would hold this position unwaveringly for the next 35 years.  He became an icon and a model for many of the nearly 600 students he was a  papa  to...

In a completely rational society, the best of us would be teachers and the rest of us would have to settle for something less, because passing civilization along from one generation to the next ought to be the highest honor and the highest responsibility anyone could have.
 Lee Iacocca  (1924-)

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Lucien Refleu

Né le 8 mars 1920, à Orbec (Calvados).
Décédé le 7 janvier 2005, à Caen (Calvados)  où il a été inhumé le 13 janvier 2005.

Se sachant atteint d'une tumeur au cerveau capable d'emporter son esprit avant son corps,  Lucien Refleu  a fini par n'accepter des médecins que le traitement de sa douleur.  Refusant alors toute alimentation, il a tiré sa révérence en quelques jours.

Adieu, Monsieur le professeur,  on ne vous oubliera jamais.


Généalogie :

Lucien Refleu est le fils de

  • Raoul Jules Refleu, né le 1er décembre 1880, à Nonancourt (Eure).
    Décédé le 20 octobre 1964, à Orbec (Calvados).
  • Jeanne Renée Chevalier, née le 9 décembre 1890 à Orbec (Calvados).
    Décédée le 3 octobre 1982, à Orbec (Calvados). 
    • Mariés le 29 avril 1911, à Orbec (Calvados).  Deux enfants: 
    • Renée Refleu, née en 1912 à Orbec (Calvados).
      Décédée le 21 septembre 2005 à Nice (Alpes-Maritimes).
      Célibataire, sans descendance.
    • Lucien Refleu (1920-2005).

Le 11 sept. 1948, à Sèvres (Hauts-de-Seine) Lucien Refleu épouse Jeanne Rouanet, née le 5 novembre 1924 à Saint-Gratien (Val-d'Oise).  Le couple n'a pas d'enfants.

Juriste de formation, Jeanne Refleu termina sa carrière en 1985 comme bibliothécaire de l'Université de Caen  (titularisée en 1963). Bien avant que l'explosion d'Internet  ne vienne faciliter ce genre de recherches, elle eut ainsi à exploiter, depuis Caen, les banques de données d'outre-Atlantique concernant brevets et articles scientifiques...


Biographie de Lucien Refleu :

  • Né le 8 mars 1920 à Orbec (Calvados).
  • Reçu second (après M. Pfeifer) au concours de l' agrégation de 1947.
  • Epouse Jeanne Rouanet le 11 septembre 1948 à Sèvres.
  • Fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 20 avril 1973.
  • Promu au grade d'Officier de la Légion d'Honneur le 22 février 1986.
  • Commandeur des Palmes Académiques.
  • Décédé le 7 janvier 2005, à Caen (Calvados).

C'est à Montpellier (Hérault) que Lucien Refleu prépare les concours d'entrée aux Grandes Ecoles.  En août 1939, la France entre en guerre...

Au début de la guerre, le général de Gaulle avait pris la tête de la division de chars de la cinquième armée.  Après la percée Allemande à Sedan, de Gaulle prend la tête de la quatrième division mécanisée, qui vient d'être formée.  Le 5 juin 1940, Paul Raynaud, premier ministre, nomme le Général de Gaulle secrétaire d'état à la guerre...

En 1940, Lucien Refleu est classé premier à l'écrit du concours d'entrée de l'Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud, mais sa classe d'âge est mobilisée  (ce sera la dernière à l'être avant l'armistice).  Refleu doit donc rejoindre immédiatement son régiment de chars à Vannes.  Il ne pourra pas se présenter à l'oral du Concours.

Dans la déroute qui précède l'arrivée des troupes Allemandes, Lucien Refleu songe à simplement quitter sa caserne, comme d'autres le font...  Il s'en ouvre à un officier supérieur, qui le décourage formellement de commettre ce qui aurait pu être considéré comme un acte de désertion en temps de guerre...  Refleu sera donc fait prisonnier avec son régiment et envoyé en captivité dans les îles de la Frise.

C'est en captivité que Refleu apprendra qu'un décret ministériel l'a dispensé d'oral au vu de sa performance à l'écrit et qu'il est donc officiellement admis à l'Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud!

Lucien Refleu contracte une pleurésie en captivité.  Un médecin militaire Prussien  (dûment balafré)  prend son cas en sympathie et le fait rapatrier par train sanitaire.  Refleu passera ainsi à Orbec une convalescence studieuse en attendant de pouvoir reprendre normalement ses études au sein de l'Ecole Normale Supérieure.

Lucien Refleu fait une licence très brillante en Sorbonne.  Il est classé premier en calcul differentiel.  En mécanique céleste, il attire l'attention d'un autre normalien normand, André Danjon (1890-1967) directeur de l'Observatoire de Paris de 1945 à 1963.

Son statut d'ancien prisonnier de guerre permet à Refleu de se présenter à titre "spécial" au concours de l' agrégration de mathématiques en 1947  où 6 places sur 30 y sont ainsi "réservées", comme c'est la tradition dans les années qui suivent les guerres (depuis la création du concours de l'agrégation en 1821).  Lucien Refleu n'aura pas à faire usage de ce privilège:  Il est reçu second au concours...

Il est alors sollicité par Danjon pour devenir son assistant à l'Observatoire de Paris.  Refleu est aussi approché par l'algébriste Paul Dubreil (1904-1994, nommé en Sorbonne en novembre 1946).  Dubreil voudrait le voir faire une thèse de doctorat sous la direction de son épouse, Marie-Louise Dubreil-Jacotin, à l'Université de Poitiers...

Marie-Louise Dubreil-Jacotin (1905-1972) fut nommée professeur à l'Université de Poitiers en octobre 1943.  En 1955, elle y occupera officiellement la chaire de  Calcul Différentiel et Integral.  Elle a épousé, le 28 juin 1930, le normalien Paul Dubreil, qui participa aux réunions préliminaires d'un groupe qui deviendra célèbre en 1935, sous le nom collectif de Nicolas Bourbaki.  Marie-Louise et Paul eurent un seul enfant:  Edith Dubreil  (1936-1970).

Noether, Dubreil-Jacotin, Dubreil
Göttingen, 1931:  Emmy Noether, Marie-Louise Dubreil-Jacotin, Paul Dubreil

Refleu hésite beaucoup avant de décliner cette offre de carrière dans la recherche, mais il se destine fermement à l'enseignement.  Cependant, cette année là, une seule classe d' hypotaupe  est disponible.  Elle revient au premier du classement, M. Pfeifer.

Dans les années 60, M. Pfeifer était connu sous les surnoms de "le Pfeif" ou "le Bicou" par les élèves de la Taupe Ampère du Lycée Thiers de Marseille, où il enseignait la classe B de maths-spé.
   Pierre-Simon Laplace 
 1749-1827
Laplace

Après une année d'enseignement au Havre, dans le secondaire, Lucien Refleu se voit confier pour l'année scolaire 1948-1949 la classe de Mathématiques Supérieures de Caen, qui compte 17 élèves (masculins).

Lucien Refleu succéda ainsi à Robert Crenn  (nommé à Rennes)  qui fut un des 25 lauréats du concours de l'agrégation de 1937, aux côtés de Laurent Schwartz (1915-2002, créateur de la Théorie des distributions en 1944, médaille Fields en 1950) et de Michel Queysanne (auteur, en 1964, d'un traité d'algèbre pour les classes préparatoires et le premier cycle universitaire).

A Caen, les classes préparatoires scientifiques du Lycée Malherbe  (fondé en 1804)  portent le nom de Taupe Laplace.  Lucien Refleu y fera tout le reste de sa carrière. 

Il y a risque de confusion avec le Lycée Laplace, le grand lycée technique Caennais, de création plus récente, qui abrite d'autres classes préparatoires.

La  Taupe Laplace  d'après-guerre ne comporte d'abord qu'une  seule classe de "Mathématiques Supérieures"  (hypotaupe, HX  ou Maths-sup).  Une petite moitié des étudiants sont admis à faire ailleurs leur année de Mathématiques Spéciales  (le plus souvent, au Lycée Saint-Louis de Paris).  Quelques uns "intègrent" des Ecoles qui recrutent sur le programme de première année.  Les autres vont à l'Université.

L'année scolaire 1962-1963 voit s'ouvrir à Caen une classe de "Mathématiques Spéciales"  (taupe, X  ou Maths-spé)  confiée à Lucien Refleu, qui retrouvera cette année là, en taupe, certains des élèves qu'il aura commencé à former en  hypotaupe

Etre professeur de mathématiques en "Maths Spé" est une activité  très  prenante :

Il faut d'abord y assurer 15 heures de cours hebdomadaires, au tableau noir.  En mathématiques, le professeur et ses élèves écrivent tout le temps.  Au fil des années, ceci vaudra à Lucien Refleu une déformation de l'épaule droite, bien connue de son tailleur...

Les  taupins  rendent chaque semaine un devoir écrit en mathématiques.  Une semaine sur deux, en alternance avec la physique, c'est un devoir "sur table" qui a lieu pendant 4 heures, le samedi matin.  L'autre semaine, les élèves rendent des devoirs plus longs sur lequels il ont planché pendant quinze jours.  Le professeur corrige et commente individuellement le travail de chaque étudiant.

Enfin, il y a les  khôlles  (orthographe volontairement pédante de "colle", dans le sens de "question difficile").  C'est ainsi qu'on appelle les deux examens oraux hebdomadaires d'une heure auxquels les  taupins  sont soumis, par groupe de trois élèves  (une  khôlle  en mathématiques, l'autre alternativement en physique ou en langues).  Pour bien connaître ses élèves, le professeur de mathématiques se doit d'être un khôlleur  parmi d'autres.  Une bonne  khôlle  doit être très soigneuseument préparée...

Pendant une brève période, l'illustre mathématicien de l'Université de Caen  Roger Apéry  (1916-1994) sera un des khôlleur  de la  Taupe Laplace.  Apéry a donné son nom à la constante z(3), dont il prouva l'irrationalité en 1977.

Malgré tout ceci, Lucien Refleu trouvera, pendant un temps, l'énergie de contribuer à la préparation au CAPES et à l'agrégation des étudiants de l'Université de Caen...


C'est à l'issue de l'année scolaire 1982-1983 que Lucien Refleu prend sa retraite.  Un de ses derniers élèves,  Jean-Louis Barrat  (né en 1964) est reçu premier à l'Ecole Normale de la rue d'Ulm, en 1983  (il se classe quatrième à l'Ecole Polytechnique).

On peut estimer à environ 600 le nombre de futurs mathématiciens, physiciens et ingénieurs auxquels Lucien Refleu aura contribué à donner une formation mathématique de premier ordre, à raison de 15 heures de cours par semaine, pendant 1 ou 2 ans.

Parmi ceux-ci, l'auteur de ces lignes  (23ème à l' Ecole Polytechnique en 1976)  exprime ici sa reconnaissance envers Lucien Refleu,  en remerciant chaleureusement Madame  Jeannette Refleu  d'avoir bien voulu partager les souvenirs et les documents qui ont permis cet hommage électronique, malheureusement posthume, en octobre 2005.

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Les loisirs de Lucien

 
 Refleu au Parthenon
Une éternelle cravate, même
en vacance (ici au Parthénon).

 

Pendant la majeure partie de sa carrière, Lucien Refleu consacre chaque année une partie de ses vacances d'été, à établir un corrigé complet des sujets de mathématiques de tous les concours!

En dehors des mathématiques, il est cependant surtout passionné de musique et de poésie...

Pendant des années, son bureau est orné d'un très beau portrait du poète Paul Valéry (1871-1945), dont il connaît par cœur le texte notoirement difficile de La Jeune Parque (1917) qu'il récite avec plaisir.  Il trouve aussi dans cet exercice le moyen de discipliner son élocution et sa respiration.  Lucien Refleu dit apprécier chez Valéry tant l'élégance de la phrase que le respect du sens étymologique des mots.

Lucien Refleu s'intéresse aussi au philosophe  Alain,  de son vrai nom  Emile Chartier  (1868-1951).  Alain fut professeur de  Khâgne  au lycée Henri IV où il eut comme élève M. Bouvet, l'homologue de Lucien Refleu en  Khâgne du Lycée Malherbe...  Le philosophe était donc un des sujets de discussion favoris entre les deux hommes.

 Refleu en retraite  

Lucien Refleu avait appris le piano et avait du talent pour le dessin à la plume et l'aquarelle.  Au moment de la retraite, il ne songe pas à reprendre ces activités, qu'il n'avait pu cultiver faute de temps.  Par contre, il se découvre, avec son épouse, une passion pour l'opéra.  Jeanne et Lucien étudient chaque œuvre presque phrase par phrase avant chaque représentation, en empruntant L'Avant-Scène Opéra à la bibliothèque municipale...  Ils assisteront ensemble à une quarantaine de concerts.

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La Taupe
Laplace

Créées sous le Premier Empire pour préparer les futurs élèves des écoles d'officiers de l'artillerie et du génie, les  Mathématiques spéciales  deviennent des classes mythiques (l'orgueilleux Victor Hugo en fut élève).
    Taupe Laplace, 1932
Taupe 1932  [Illustration d'un article de L. Refleu et B. Beck]
"Le Lycée Malherbe, deux siècles d'histoire" (2004)

L'intense labeur censé y aveugler les élèves vaut à ces classes le surnom de "taupes".

La  Taupe  de Caen fut créée en 18?? et prit le nom de Laplace (1749-1827) en 18??.  Supprimée pour raisons économiques en 1934, elle est ensuite rétablie pour une seule année scolaire  (1938-1939).  Quelques  taupins  de la région ont pu trouver refuge soit à Coutances, soit à la Taupe du Lycée Janson-de-Sailly, délocalisée à Villers-sur-Mer.

En 1942, le régime de Vichy ayant instauré un programme sur deux ans pour les classes préparatoires scientifiques, la  Taupe Laplace  est réouverte avec seulement une classe d'hypotaupe, dont hérite Lucien Refleu en 1948.

Dans le vieux Lycée Malherbe  (qui deviendra Hôtel de Ville en 1965)  les cours de Lucien Refleu ont lieu dans "la grande salle du pavillion d'angle, au bout du chauffoir".

C'est par arrêté du préfet Caffarelli que le lycée fut établi le 20 juillet 1804 (premier thermidor de l'an douze) dans les superbes bâtiments conventuels de l'abbaye de Saint-Etienne (dite "Abbaye-aux-Hommes") qui en font, jusqu'en 1961, le "plus beau lycée de France".  D'abord appelé Lycée de Caen ou  lycée impérial, puis  collège royal,  le lycée est finalement baptisé "Lycée Malherbe" par arrété du 19 aôut 1892.

En 1961, le déménagement du Lycée Malherbe dans ses actuels bâtiments de l'avenue  Albert Sorel  permet à la Taupe Laplace de doubler sa taille pour accueillir une soixantaine d'élèves  répartis en deux classes de première année (Mathématiques supérieures).  En 1962, s'y ajoute une classe de seconde année (Mathématiques spéciales, A').  Deux autres classes de Mathématiques spéciales vont suivre...

Dans les années 1970, la Taupe Laplace atteint ainsi sa structure actuelle:  Deux classes de Math-sup et trois classes de Math-spé occupent à plein temps 5 professeurs de mathématiques, 3 professeurs de physique et un professeur de dessin industriel.

 Classe   Mathématiques  Physique
 Maths 
Spé.
XM'M. RefleuM. Eyrault
XM M. Laroche M. Chrystakis 
XP Mlle Champelle   MM. Chrystakis & 
Wauttier  (Chimie)
 Maths 
Sup.
HX2Mlle ...M. Wauttier
HX1M. ...M. Eyrault

Langues étrangères, français et philosophie y sont enseignés par des professeurs agrégés du Lycée Malherbe, parmi lesquels le philosophe  Bernard Lefèbvre, transfuge de Nancy et grand enthousiaste de la Taupe.  Jean Migrenne  était professeur d'anglais.  M. Charpiot enseignait l'allemand à une petite minorité.

La classe de mathématiques (M' ) de Lucien Refleu, limitée à une vingtaine d'élèves, avait lieu en salle 406 au dernier étage du "nouveau" lycée.  Il y trônait un très grand tableau noir en ardoise, d'une extrême finesse, qui y est peut-être encore...  Lucien Refleu avait, sans doute, fait déménager ce trésor depuis le "vieux" lycée.

Quelques professeurs :

  • Jules Tannery (1848-1910)  pendant l'année scolaire 1871-1872.
  • Jacques Hadamard (1865-1963) en 1888 et 1889... sans charge de cours! 
  • Henri Villat (1879-1972).  Normalien (1899) et agrégé (1902).
  • Aimé Hennequin, de 1909 à 1924.  Auteur de tables numériques.
  • Henri Cartan (1904-)  en 1928-1929.  Membre fondateur de Bourbaki.
  • Robert Crenn, de 194? à 1948. 
  • Lucien Refleu (1920-2005) de 1948 à 1983.

Quelques anciens élèves de la Taupe du Lycée Malherbe :

  • Jules Tannery (1848-1910)  Normalien (1866) agrégé (1869) docteur (1874).
  • Léon Lecornu (1854-1940).  Membre de l'Académie des Sciences (1910). 
  • Henri Villat (1879-1972).  Professeur de mécanique à la Sorbonne (1927).
  • Joseph Pérès (1890-1962).  Normalien (1908) et agrégé (1911).
  • André Danjon (1890-1967).  Normalien.  Directeur de l'Observatoire de Paris de 1945 à 1963.  Il eut Lucien Refleu pour élève à la Sorbonne. 
  • Jean-Marie Louvel (1900-1970).  Polytechnique (X 1920-N) et Supélec.  Député du Calvados entre 1945 et 1959, puis sénateur-maire de Caen de 1959 à 1970.  Ministre du Commerce et de l'Industrie, de février 1950 à juin 1954. 
  • Pierre Koenig (1898-1970).  Maréchal de France, à titre posthume (1994).

 Corniche Le mot "Corniche" (classe préparatoire à Saint-Cyr) est gravé dans la pierre du "couloir des classes" de l'ancien lycée, qui est maintenant l'Hôtel de Ville de Caen.

Une classe de  Corniche  est venue s'adjoindre à la Taupe Laplace à partir de 1877.  Le calot traditionnel porté par les élèves sur les photos des classes de l'entre-deux-guerres (voir ci-dessus) est bleu ciel à fond rouge pour les  cornichons.  Il est noir à liseré rouge (avec un "X" en laiton) pour les élèves de Mathématiques spéciales.

 Ancien Lycee Malherbe    Nouveau Lycee Malherbe
Ancien Lycée Malherbe   (Hôtel de Ville de Caen) "Nouveau" Lycée Malherbe

 Pierre-Simon Laplace 
 1749-1827 Pierre-Simon Laplace  (1749-1827).
Mathématicien brilliantissime, né le 23 mars 1749  à Beaumont-en-Auge.
Entré à l'Université de Caen à 16 ans,  il y fut initié aux mathématiques par
Christophe Gadbled, assisté de  Pierre Le Canu,  qui le recommenda à d'Alembert.

 Francois de Malherbe 
 1555-1628 François de Malherbe  (1555-1628).
Grammairien né à Caen.  Poète officiel d'Henry IV et de Louis XIII.
D'hermine, à trois roses de gueules  (supports: deux lions au naturel).

 Francois de Malherbe 
 1555-1628 Nous ne reverrons plus ces fâcheuses années
Qui pour les plus heureux n'ont produit que des pleurs.
Toute sorte de biens comblera nos familles,
La moisson de nos champs lassera les faucilles,
Et les fruits passeront la promesse des fleurs.

[ Vers de Malherbe (1605) au fronton du "nouveau" Lycée Malherbe ]

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 Pierre-Daniel Huet 
 1630-1721  Francois de Malherbe 
 1555-1628  Ecole Polytechnique 
 1794- (X)  Pierre-Simon Laplace 
 1749-1827

Livre d'or
( tenu par  Gérard Michon )

Le 2005-12-29, Laurent Chabriac a écrit:
En tapant "Lucien Refleu" dans Google, je suis tombé sur l'hommage que vous lui rendez.  Je venais d'en parler avec mon père pendant les vacances de Noël et nous nous demandions ce qu'il était devenu.  C'est donc avec une grande tristesse que j'ai appris son décès. 
 
J'ai été, moi aussi, son élève en M' (en 79/80 et 80/81).  J'ai intégré l'ENS Fontenay et j'enseigne les maths en prépa à mon tour.  De son côté, mon père l'avait eu comme prof en maths sup.  J'avais une haute opinion de lui, me souvenant notamment de sa classe  (au sens humain du terme, et aussi dans sa façon de faire cours et d'organiser sa classe)  et de sa clarté.
 
L'exceptionnel hommage que vous lui rendez m'a permis de prendre connaissance de son parcours de haut niveau.  Je vous remercie vivement pour cette page remplie d'émotion et de nostalgie.
Cordialement,
Laurent Chabriac

You never know someone until you step
inside their skin and walk around a little
.
Nelle Harper Lee   (1926-)

Le 2006-02-11, Jean Migrenne a écrit:
J'ai bien enseigné l'anglais en taupe à Malherbe, mais jamais dans la classe de Refleu.  J'ai enseigné en prépas jusqu'en 2000, date de mon départ en retraite, mais je ne faisais plus de taupes depuis plus de 15 ans.
Jean Migrenne

Le 2006-11-06, Annie Gravey et Philippe Gravey ont écrit:
C'est vraiment très bien.  Nous gardons de Refleu un souvenir très vif.  Merci beaucoup !
Annie Gravey-Lozac'h, Philippe Gravey

Le 2008-02-27, André Denis a écrit:

Je me demande ce qui a bien pu me pousser à  composer  le nom de  Lucien Refleu  sur Google...  et pourtant je suis loin d'être un mordu de l'Internet !  Le président Mitterrand avait dit croire aux  « forces de l'esprit » ...  C'est peut-être une explication.

Bravo pour ce site consacré à la mémoire de cet homme, que je connais mieux maintenant et dont je garde des souvenirs très précis malgré les années  (j'étais son élève en  Math-sup  pendant l'année scolaire 1960-1961) :

  • Un homme d'une grande courtoisie qui saluait ses élèves, le plus souvent en souriant, à son entrée dans la classe. 
  • Un homme très exigeant sur la concision, la précision et, pour tout dire, la  pureté  de nos raisonnements...  « Faites abstraction de toute forme d'intuition »  répétait-il souvent.  Pour les jeunes  impulsifs  que nous étions, il impressionnait. 
  • Un homme qui se démenait pour orienter ses élèves à l'issue de l'année scolaire.  (Il faut rappeler qu'il n'existait pas encore de  Math-spé  à Malherbe et que les places étaient chères dans les autres lycées de France.)

J'étais loin de compter parmi les meilleurs de ses élèves mais j'ai encore le souvenir de ses efforts, en fin d'année, pour me  recaser.  Comme j'habitais son quartier, il m'avait pris dans sa  dauphine  un soir à l'issue d'un cours pour parler  avenir.  Je savais que mes résultats rendaient son travail plus difficile, mais il ne l'a jamais laissé paraître.  Presque 50 ans après, je m'aperçois que son enseignement dépassait largement le cadre de ce qu'il enseignait...  Je sais maintenant que c'est à ce critère que l'on reconnaît les  grands.

André Denis
Ingénieur général honoraire des Ponts et Chaussées

Notre vrai tombeau est le coeur des hommes.

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